"AQUAE BORVONIS", la petite bourgade gauloise aux eaux bouillonnantes, nichée au coeur de la plaine de la Loire et au pied des forêts touffues qui descendent du Morvan, connaissait sous l'empire Gallo-romain un succès retentissant. Les celtes, avec leurs druides, avaient été les premiers à vénérer les vertus curatives des sources chaudes. Des vagues de légendes flottaient autour de ces eaux bienveillantes, qui ne pouvaient qu'être alimentées et agitées par un génie. Nos ancêtres les Gaulois vénéraient Borvo, le Dieu celte des eaux et des sources. La Rome Antique s'accompagne de ces croyances et traditions celtiques afin de pouvoir bénéficier, elle aussi, du bienfait de la dite eau magique.
Bourbon-Lancy devint ainsi la capitale du thermalisme et du raffinement. Les Thermes représentaient la magnificence de l'Empire Romain. Les baigneurs, pieds nus sur des mosaïques pourpres, jaunes, vertes, se détendaient dans le faste et la volupté... Le Bain Royal, tout de marbre recouvert, était entouré de douze grandes niches ornées de statues où scintillaient des petites pierres de couleur azurée. Les colonnes de jaspe formaient un dédale entre les douches de chaleur en terre cuite, les bassins et les piscines couvertes... Partout on ne voyait que fontaines jaillissantes, voûtes ornées de fresques, marbre d'une blancheur étincelante... Les empereurs romains, les célébrités du clergé, les altesses royales, tous les importants personnages de la noblesse à travers les siècles sont venus prendre les eaux dans notre humble Bourbon Lancy.
Catherine de Médicis, Louis XIV, Jules César composaient la foule brillante et élégante venue rendre hommage à cette eau bénie des dieux. L'injure des temps et le ravage des guerres ont volé à Bourbon-Lancy son passé glorieux, mais la source demeure intarissable et le Génie des Eaux ne cesse de soigner ses visiteurs !
Jean-Philippe Rameau Les Indes Galantes Danse des Sauvages